Souris et chat

Ça fait longtemps que je n’ai pas publié. J’écris toujours, mais tout ne mérite pas la diffusion. J’ai envie de vous dire, comment ça vaaaaaa ? Le dernier affichage date d’octobre 2016, et dieu sait qu’il s’en est passé des choses. J’ai eu la chance de passer une quinzaine de jours en Inde (cette virée heureuse mérite un article à part entière), j’ai été naturalisée   (le rapport à la double identité, mon père qui veut égorger le mouton, la vanne de ma mère sur le choix du deuxième prénom et surtout la reconnaissance d’un parcours), l’hiver s’est installé ( je le déteste toujours autant mais j’adore retrouver ma petite collection de bonnets), la reprise des cours de danse avec son lot de nouvelles têtes, de retrouvailles, de sensations, et d’anecdotes joyeuses.

J’ai diné hier soir avec une amie, E., que j’aime beaucoup : ce bout de femme que je connais depuis quelques années maintenant est l’exemple type de la femme qui ne tend qu’à éclore. Elle est belle, fine d’esprit, active. Elle est aussi timide, naïve sur quelques sujets. Qui ne l’a pas été me direz-vous.

On se racontait au milieu de plats vietnamiens: E. me fait part d’une discorde avec X. Ce n’était pas la première fois qu’elle me racontait cette histoire : les prénoms changeaient, mais l’histoire se répétait. Elle était déçue à chaque fois sans vraiment comprendre.

On s’est arrêtée sur ces personnes qui ont des comportements opportuns, et ceux qui disparaissaient une fois en couple. Et ce n’est pas la première fois que E. s’étonne, ne comprend pas et laisse la belle part à la désillusion. Ce n’était pas la première fois qu’elle me racontait cette déception : les prénoms changeaient, mais l’histoire se répétait.

On a tous forcément eu cette anecdote où un ou une amie s’est comporté différemment, sans qu’on comprenne vraiment le pourquoi du comment. La première fois on laisse passer. La deuxième on fronce les sourcils. Et la troisième on se pose des questions sur l’irrégularité.

Il n y a pas à se torturer l’esprit pour ce genre de personnes : ce n’est pas des méchants non plus. Ce sont des personnes qui ont simplement d’autres moyens pour parvenir à leurs fins. Et vous ne serez jamais un obstacle, parfois vous serez même l’accoudoir. Je ne suis pas là pour dire ce qui est bon ou mauvais. Il faut juste apprendre à regarder les gens comme ils sont, sous TOUTES leurs coutures, et non rester sur celles qui nous plaisent.

Il y en a qui ont besoin de briller plus qu’il ne faut, à des moments qu’ils estiment stratégiques : en tête à tête, tout se passe bien, dès que l’équation se compose, de nouvelles facettes apparaissent.  De nouvelles manières, des intonations que vous ne connaissiez pas, un rire presque faux… les plus fourbes vous utilisent pour se mettre en avant. Pour faire comme si ne rien n’était juste après.  Je navigue entre le pathétique et le drôle au niveau de la réaction. Et on n’a pas tous le caractère adéquat: les plus gentils se notent mentalement le moment où ils vont souligner (toujours plus tard) le malaise ressenti, les extrêmes comme moi la jouent live, et les entre-deux essayent de remonter à la surface sans créer de vagues. Foutue mise en scène.

Alors oui ils ne sont pas méchants, mais soyez sûrs qu’ils savent pertinemment ce qu’ils font : pour la simple et bonne raison que leur intérêt passe avant toutes ces foutues valeurs que vous pensez partager. L’humain qui est en nous se préserve de TOUT remettre en cause pour un incident (lorsqu’il est ponctuel je suis d’accord) mais lorsqu’on ferme les yeux systématiquement au nom de cette relation que vous pensez sacrée, vous vous fourrez les doigts dans le nez. Je disais à E. qu’il fallait apprendre à se donner dans les règles du respect de soi, en amour comme en amitié. Tout faire passer au nom des années, souvenirs, moments partagés est juste ridicule. Ou c’est peut être moi qui ait une fâcheuse facilité à refermer les portes (autant qu’à les ouvrir).

Il faut accepter de renoncer à certaines choses, à certains humains, au risque de gâcher tout le tableau : c’est aussi ça la vie, s’alléger, aller à l’essentiel. Ne pas attendre d’en humer la mauvaise odeur. Sachez que ça n’annulera pas les antécédents. C’est juste un point à la fin d’une phrase.

Chacun d’entre nous est une entité: certaines se clament haut et fort. D’autres se chuchotent, jouent à cache-cache en nous et avec les autres.  Et il y a le jeu social où on se vit, différemment à chaque fois. Et on répond en général à une certaine constance. Le relief est celui qui est le plus accessible et on joue de notre fond à chaque fois.

Jouez autant que vous voulez, mais ne permettez pas qu’on se joue de vous. De trop du moins.

A.

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