Rendez-vous

Ça fait un peu plus d’1 an que je publie. Je ne sais plus ce qui s’est passé dans mes veines lorsque j’ai décidé de mettre mes mots au vu de tous. Comme une veste qui donne trop chaud et qu’on enlève. J’avais envie de partager mes coups de cœur. Mes coups de gueule. Mes coups tout courts. Et je me rends compte que ça m’a apporté des choses oui. Mais ça m’a surtout appris des choses. Sur moi, mes attentes, mes mots, mes virgules et toutes ces exclamations. Je n’ai pas décidé de publier pour avoir une audience, encore moins être comprise. J’ai eu la prétention du partage. Du partage avec l’inconnu. Si je voulais un nombre incalculable de likes, j’aurai pu faire /être dans la provocation, le primaire, suggérer mes fesses via le genre de photo aguicheuse ou faire un article de sexe bien cru. Le genre de truc qu’on adore détester. Qu’on va critiquer mais qu’on va quand même suivre. Et pis je me suis rendu compte que partager n’est pas si aisé. Que ce n’était ni simple ni naturel. J’ai commencé à choisir mes mots, à penser à mes sujets, à faire attention à ne pas trop m’impliquer dans mes lignes, histoire de ne pas trop laisser de moi. Sans pour autant parler de quelqu’un d’autre. La demi-mesure. La distance de sécurité.

 

J’ai commencé à avoir cette alarme de : « ça fait longtemps, faut que tu publies là »

 

Je me suis rendu compte que ce que j’aimais dans l’écriture ce n’était pas le retour (positif ou négatif) des autres. C’était justement le fait d’écrire sans crier gare. Laisser les choses surgir. Et les écrire quand ça me chantait. Classer, et relire quelques heures, jours voir années plus tard. Comme un miroir sur lequel je fige une émotion, un sourire, une larme, et que j’aime rouvrir. Pouvoir le regarder autrement. Une de mes manières de prendre le recul.

 

Je n’arrive pas à faire dans le régulier là dedans. A obéir aux règles de trafic virtuel. A être sur la ligne de course.

 

Je ne vais pas vous cacher ces moments de bonheur lorsque je reçois des mails d’inconnus qui partagent une anecdote. Qui m’expliquent que tel article a provoqué tel déclic. Qu’un autre a provoqué une totale incompréhension et qu’ils ne sont pas du tout d’accord. Les adjectifs comme « inspirante » ou « revigorante » ont été les plus beaux et je n’oublierai simplement jamais ça.

 

Etre lu c’est partager en différé. Et ce que j’aime dans le partage c’est son caractère imprévisible.

J’ai décidé de préserver l’imprévisible de mes mots. Pour ne pas m’égarer dans cette course folle des publications qu’insinue malicieusement le net. Pour ne pas laisser l’impératif faire à ma place. Vous pouvez vous abonner à mon blog, mais je désactive l’alarme mentale. Rien ne m’est imposé. Je ne m’imposerai donc rien.

 

Je supprime la page FB desmotsquidansent mais le blog est là. Et le restera.

 

Je vous aime.

 

A.

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