Septembre

Y des jours comme ça où il y a quelque chose d’électrique dans l’air

Le client est énervé au téléphone, il se permet de tutoyer comme si on avait élevé les vaches ensemble, le technicien qui débarque au milieu et qui braille qu’il est pressé, la petite dame qui pousse dans le métro, le voisin qui raconte sa vie tout haut et il y en a toujours un qui trouve le moyen de mettre des chaussettes avec les sandales. Il fait 29 degrés bordel, vous avez la clim entre les doigts de pied ou bien ? J’ai bien compris, les vacances sont bel et bien finies.

J’aime mieux me replonger dans les dernières semaines, regarder ma peau bronzée qui me rappelle que le soleil est un hymne à la vie et traîner sur les photos d’été. Il faut dire que j’attendais les vacances de manière urgente, que physiquement je tirais méchamment sur la corde et que le besoin de silence tapait du pied. Ceux qui me lisent ou qui me connaissent savent à quel point j’aime voyager, et cette fois-ci j’ai été en Sardaigne : un petit bout d’Italie délicieux, aux paysages radieux, aux plages magnifiques. Et c’est là où j’ai entamé ma désintoxication mentale et physique. Désactiver l’alarme, se réveiller à pas d’heure, passer sa journée à se prélasser, observer le ciel bleu, dévorer le bouquin ou juste fermer les yeux et jouer à repérer le moindre bruit alentour. Vous savez ces jeux qu’on fait avec soi-même. Inutiles mais ludiques.

Il y a deux sortes de voyages : ceux qui vous reposent clairement parce qu’ils ne font appel qu’aux plaisirs simples de la vie (être sous un soleil ardent avec une plage est pour moi un cadeau du ciel) et ceux qui vous font du bien autrement, à travers la découverte de civilisations. Un peu comme un jeu de société. Il y a la notion d’effort, de parcours et de programme. Et cette fois, ça a été plutôt farniente. Quel plaisir que de ne pas porter de montre, que de laisser les cheveux sécher au vent, de flirter avec le sommeil sur un fond de bruit de vagues, de savoir qu’il n y a juste rien qui nous attend à part SOI.

Quand SOI nous attend. Qu’on se chouchoute. Qu’on déguste chaque bouchée. En parlant de ça, je repense aux fruits de mer que j’ai ingurgité, je pense avoir fait mon stock pour l’année, et je ferais la censure sur les glaces. C’est simple, j’en mangeais une (voir deux) par jour, et seul dieu sait ce que j’ai éprouvé quand je suis tombée sur la glace Ferrero Rocher. Comment vous dire ? C’était LA révélation. Et pis j’ai enfin sauté en parachute. C’était à la hauteur de la sensation recherchée et bien plus. Ça m’a offert cet arrêt sur vie qu’on ne peut juste pas faire au quotidien. A part peut-être quand on dort. Si je devais imager, ce serait exactement le moment où le tracé du cardiogramme du mourant (ou presque) s’arrête avec le bruit strident qui annonce la fin, l’espace de quelques secondes, et qui reprend juste au moment où on n’y croyait plus. C’est vraiment ça, mais ce n’est ni aigu, ni criard : juste silencieux. Beau. Tranquille. Le lâcher prise au vrai sens du physique. Juste se laisser aller et se sentir au milieu du rien. C’était magique. Je le referais les yeux fermés.

Et il y a surtout eu le mariage de L, une amie que j’affectionne particulièrement. Les mariages marocains sont un autre sujet, mais j’ai adoré celui-ci pour la simple et bonne raison qu’avec L on était connecté du regard, et qu’on communiquait sans un mot, ce qui suffit. Les représentations et les symboliques mises à part, j’apprécie toujours les festivités de ce genre.

Revenir à Paris après m’être rechargée d’énergies positives a toujours un petit goût amer. J’adore ma vie parisienne et ce sont ces break qui redonnent le goût aux choses. Mais cette fois, je suis allée loin au niveau de la déconnexion. Hier, en allant donner mon cours de danse de la rentrée, je me suis trompée d’arrêt de bus, c’est pour vous dire…

Je m’accroche tant que je peux aux dernières chaleurs, aux dernières terrasses, aux derniers port de lunettes de soleil. La machine se remet en marche. Je le sens.

Rester légère. Même à l’écrit.

J’aurai toute l’année pour vous proposer des réflexions.

A.

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