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Dans la série des « nous deux on perdra jamais contact », je voudrai évoquer aujourd’hui ces femmes et hommes qui disparaissent dès qu’ils se mettent en couple.  Je dis bien disparaître. Pas la disparition du quotidien (j’ai un emploi du temps dingue-pas le temps pour des cafés- je t’écris-je t’appelle-je continue à m’imprégner de ta vie-quand même- on n’a plus 17 ans). Je parle de la disparition du genre décès social, avec la formule (je suis avec mon mec, je peux pas- je suis avec ma chérie et SES amis- ça DEPEND de lui je te tiens au courant- je suis un pack maintenant -c’est nous deux ou rien).

Je ne sais pas si je suis en colère ou simplement inquiète. Je vacille.

Ce n’est pas tant de « perdre contact » qui provoque ces sentiments en moi, soyons clairs : c’est le fait de voir une personne s’adonner littéralement à une autre. Mettre son quotidien, ses pensées, ses émotions, son temps libre, son être (bordel) entre les mains d’une autre personne. J’estime que c’est dangereux. D’un danger sans nom.

Exemple type : Ils se rencontrent-elle tombe amoureuse- elle tombe en fait- elle oublie ce qui l’entoure-il devient sa priorité- ses amis deviennent les siens (enfin c’est ce qu’elle croit)- elle ne fait plus rien sans lui- il mène sa vie tranquillement-elle accourt au moindre coup de fil (schéma à imaginer également au masculin).

Etre à deux, sortir à deux, acheter à deux, voyager à deux. Légitime.

N’être qu’à deux. Ne sortir qu’à deux. Ne voyager qu’à deux. Ne respirer qu’à deux. NON. NON ET BON DIEU NON !

Un couple, c’est une addition. Ce n’est pas une fusion-acquisition. Ce n’est pas exister à travers quelqu’un. Encore moins une dépendance. C’est une complémentarité. Un partage. C’est s’élever à deux. Grandir, voir plus loin. Et non se fondre pour disparaître derrière la vie de l’autre.

Je ne comprendrai jamais ces humains qui s’annexent à d’autres : comme ces jouets qu’on retrouve au fond d’une boite de céréales. Une sorte de pièce jointe humaine. Régulière. Qu’on est sûr d’utiliser à sa guise. A disposition sociale, physique et monétaire. Un jouet (qu’on aime quand même mais qui doit rester dans le champ visuel).

Ça m’a toujours interloqué. Je me dis qu’il doit y avoir de l’envie d’être le centre de la vie de quelqu’un (version hard-tout tourne autour de moi -tout passe par moi). Il doit y avoir du vide à combler et du coup ça doit rassurer d’être sur tous les fronts d’autrui. Il doit y avoir beaucoup de films à l’eau de rose (avec les fins heureuses évidemment- si j’accours à chaque fois qu’il/elle appelle il/elle va m’aimer davantage). Il doit forcément y avoir du conditionnement social (je suis avec quelqu’un et ça me fait du bien VS je suis avec quelqu’un mais c’est un investissement court-moyen-long terme).

J’entends souvent des femmes se plaignant du manque d’attention de leur conjoint après des années de vie de couple. Avec du recul, je me dis que cette personne projette toute l’attente de sa journée (vide de sens) sur un mari qui rentre le soir épuisé : il est évident qu’il v a y avoir une attente d’attention, d’affection, de partage. Mais elle ne va pas, elle ne peut pas être comblée au quotidien. C’est un être humain.

Pas un nounours. Pas un robinet d’amour à portée.

Il a parfois aussi besoin de rentrer, jeter ses chaussures par-dessus le canapé et ronfler (après un bon steak frites). Alors au lieu de l’attendre, toute la journée, les bras ballants, le sacrifice des enfants à la bouche, on BOUGE SON CUL et on fait quelque chose pour SOI ! Je ne parle pas de mettre ses lunettes et de prendre un café, je parle de faire quelque chose sur le long terme. Etre mère est un sacrifice, peut-être, mais c’est un choix, ce n’est pas l’excuse d’une vie. Vous étiez deux à le faire pour rappel.

Celles que j’excuse encore moins, c’est celles qui sont loin du contexte conjugal, qui ont toute la santé dans les jambes, tranche 25 -35, et qui se glissent dans cette attente nauséabonde. Ce petit quotidien de je travaille-je rentre-je l’attends. Celles-là, elles me sortent par le nez.

A toutes celles et ceux qui se mettent de côté ou  à genou pour une relation, qui pensent qu’être en couple est une condition intrinsèque d’épanouissement personnel, pire, que le sens de la vie se trouve à deux :

On nous a formatés. On nous a fait croire des choses qui ne s’appliquent pas à tout le monde. Chaque personne a ses équations. Et chaque couple a ses propres combinaisons. Tout ne vient pas à qui sait attendre. L’amour n’est pas aveugle. Pas du tout même. Et se tenir à disposition est loin d’être une vertu.

Tenez-vous à disposition de vous-même : concoctez votre bonheur. On ne peut pas passer son temps à tout attendre. Le couple n’est qu’une des choses potentielles qui contribuent à. Si vous pensez qu’un homme ou qu’une femme pansera vos maux les plus enfouis, vous vous plantez littéralement.  Si vous pensez que cet autre vous apportera le bonheur ultime, qu’il rebouchera tous les petits trous et qu’il exaucera tous vos vœux, vous vivez aux pays des merveilles.

Il est interdit de projeter tout ce qu’on exige de soi sur un autre, sous prétexte qu’il/elle est à vos côtés. Vous ressentirez de la solitude (en étant en couple oui oui), vous ne comprendrez pas pourquoi et ce serait bête de gâcher du temps, de l’énergie, parfois des enfants pour vous en rendre compte.

Épargnez-moi les conclusions hâtives : Il se trouve que je milite contre les histoires à la belle au bois dormant. Je ne suis pas en train de dire que l’autre ne nous apporte rien, je rappelle que l’autre est une cerise sur le gâteau. Il n’est pas le gâteau. Cuisinez-vous, vous sentirez bon 😉

A.

 

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