New Year

2016.

Déjà. J’en profite pour vous souhaiter une bonne année. Qu’elle vous soit surprenante, souriante et douce. Je vous souhaite d’être follement aimé. D’éclater de rire. D’éclater de vie.

Je viens de me dire qu’on n’utilisait « éclater » que pour deux choses : éclater de rire ou éclater en sanglots. Comme s’il y avait des émotions qui ne pouvaient se contenter d’un simple bruitage corporel. D’une expression. Mais qu’il y avait l’impératif de répandre, flamboyer, exploser l’ébranlement. Positif ou négatif.

Il y a eu la fin d’année avec ses attentes interminables de vacances, les repas, la famille, le soleil, le luxe de ne rien faire, passer un moment avec ma première prof de jazz, le plaisir de désactiver son alarme et puis le retour à la réalité. Le métro, les vœux, les vieux, la boîte mail à craquer et mes élèves. Réveiller à nouveau le corps. Le rappel à l’ordre. La discipline.

Et c’est déjà reparti pour le tourbillon. Pour une nouvelle partie.

Je n’ai pu m’empêcher, lors de mes vacances, de repenser à 2015. De repenser à tout ce qui s’est passé, à tout ce qui ne s’est pas passé. D’en sourire, les cheveux en grève, le thé chaud, le soleil aveuglant. De m’enfoncer dans mon bon vieux fauteuil marocain pour me délecter de l’absence d’obligation à ce moment précis. D’apprécier le téléphone éteint. D’apprécier l’éloignement. De me réjouir d’entendre ma mère m’appeler. Simplement. Dimension parallèle. Parent(thèse). Un coin de paradis. Le mien du moins.

A chaque fois que je rentre, je range un peu plus ma chambre. Je trie, jette, conserve. Au milieu de mes premiers chaussons, livres, photos et vêtements, j’ai retrouvé une disquette. J’ai souri. Je me suis rappelé de l’époque du cyber, des premiers échanges virtuels avec les inconnus, de mon premier téléphone et j’en passe. Et puis j’ai pris le temps de parcourir les albums photos qui étaient là. Et j’ai ris aux larmes : de mes jupes, de mes coupes, de moments que j’avais clairement oublié, de mon appareil dentaire et j’en passe. Des franges que je m’amusais à couper moi-même. DIY avant l’heure. Ouais ben j’aurai pu me l’épargner.

Je me suis répété que ça passait vite. Et j’ai soigneusement refermé le tout pour le ranger à nouveau. Les cadeaux d’ex. Les bracelets, les petits cœurs, les mots qui passaient de main en main, dans la classe. La peur que la prof surprenne le cheminement. Avant qu’il n’y ait les textos c’était les petits mots. Le bout de papier. L’encre bleue. Les promesses éternelles d’adolescents..

Et puis j’ai jeté. J’ai hésité. Mais j’ai fini par jeter. A quoi bon ? Je n’ai plus 12 ans. J’ai accepté depuis longtemps que le « toujours » était un leurre. Une Cendrillon qui voulait juste aller au bal. Les sentiments les plus nobles sont les plus silencieux. Et la dame de cœur de l’époque est restée sur le carreau.

On garde tous des petites choses : soit parce que ça nous a touché soit parce que ça a de l’importance. Je ne parle pas du plat qui est à l’entrée et sur lequel s’empilent des choses tout bonnement inutiles. Je parle de ce que vous gardez/cachez précieusement. De cette petite chose que vous chérissez ou que vous aimez détester. De la boîte, la lettre, l’écharpe ou que sais-je. On sait bien que l’émotionnel s’attarde sur tout ce qui revêt une forme.

De ce souvenir que vous entretenez via un objet. De ce lien imperceptible. Ni l’envie de le jeter ni de le garder. Mais pas forcément de s’en séparer. C’est là et ça vous va. Même si ça ne sert à rien. Un secret de vous à vous.

Dépoussiérez-vous de temps en temps. Ça a du bon se faire ses recoins. De se faire de la place. Faites-vous de la place pour être heureux. L’âme est comme un placard. Il aura beau être spacieux, il ne saurait contenir plus qu’il n’en faut.

Car on a souvent tout, il ne nous manque que le bonheur.

Alors faites place à 2016 !

Quoi de plus naturel pour moi que de clore l’article sur une citation de Mr Bowie : « C’est le fait de vivre qui m’intéresse, pas le résultat »

A

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