(H)Or(s) du temps

Je ne sais pas si ça vous arrive mais j’ai parfois l’impression de vivre l’instant en étant en dehors du cadre en cours. Un étrange mélange entre du « déjà vu », du « entrain de le vivre » et du «  qu’est-ce qui se passe là ». Et cette impression s’est accrue en cette fin d’année.

Il faut dire que cette fin d’année est un peu fatigante : Attentats, Régionales, Cop 21, Trump, Jawad et j’en passe. Ils se sont passé le mot. Je me demande s’ils font la queue à la connerie. Ça ne s’arrête pas. Un après l’autre. On applaudit même une mamie parce qu’elle a des propos non racistes. On lui envoie des fleurs. Une cagnotte sur le net. Sérieusement ? Et si je dis la même chose, j’aurai une cagnotte moi aussi ? Ah ben non, je suis arabe. Ça ne compterait pas. Ce serait défendre l’indéfendable.

Dès que j’en entends un, je ferme les yeux et respire. Jusque développer une allergie de l’information. J’ai basculé de l’autre côté. Celui où l’on ne regarde que des séries, qu’on s’attable chez un bon petit italien et qu’on déguste sa couette le dimanche matin. Qu’on s’enfonce dans le roman qui n’apporte pas grand-chose mais qui divertit. Il y aura toujours une information qui méritera le relais, évidemment. Mais là je suis arrivée à saturation. Trop d’informations tuent l’information. Heureusement que je n’ai pas la télé. J’aurai craqué mon slip.

Je m’efforce de me réinsérer dans le quotidien paisible où trainent les poussières de l’inconscience. De la légèreté. Du cinéma. (Ah ben non faut ouvrir le manteau). On oublie le cinéma pour cette fois.

Heureusement que je peux compter sur mes amis chéris, mes amours et ceux qui m’entourent pour me faire « oublier » tous ces connards barbus, blonds, religieux, fanatiques, frustrés et j’en passe. Je n’ai jamais autant apprécié les décorations urbaines de Noël. Je me surprends à m’arrêter. A scruter. A prendre en photo et à partager. Chaque magasin s’efforce de renvoyer l’image festive de fin d’année et je prends. Pas une pas deux. A chaque passage. A chaque scintillement. A chaque effet visuel.

Ne pas laisser l’émotion prendre le dessus. Ne pas laisser les idées noires prendre le dessus. Ne pas laisser ces barbares remettre en cause des concepts de base de bonheur d’individu. Ne pas s’éloigner du 11ème arrondissement. Ne pas tourner le dos.

Face.

A Pile.

Vous devez connaitre aussi cet exercice périlleux pour le corps humain : essayer d’étouffer les émotions pour conserver la logique. Le pragmatisme. On sait, mais nos idées débordent. Comme un couvercle qu’on essaye de fermer mais qui a du mal. Je parle d’idées ici, mais cela peut s’agir de sentiments ou d’envies. On sait mais on se dit quand même. C’est jouer au chat et à la souris avec soi-même. On se rétorque ce qu’on a envie d’entendre. Silence. On se ment on le sait. Silence. Et pis on se redit que non. Ce n’est pas ça. Un aller-retour. Et on se dit enfin la vérité. Il y en a pour qui l’aller-retour dure 10 mn. Certains quelques jours. Et d’autres une vie. Une vie d’aller-retour. Vous imaginez ? Faudra qu’on s’en reparle. J’ai bien plus de choses à partager sur les aller-retour avec soi.

En attendant, je dois (encore) filer donner mon cours.

Plein d’amour. Que de l’énergie positive.

A.

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