Sweet Monday

J’ai rarement eu envie que le temps passe vite. Et dieu sait que j’attends 2016 avec IMPATIENCE. Pour les raisons des évènements récents mais aussi pour ressentir cette énergie d’un nouveau chapitre, de nouveaux souvenirs à chiffrer, et de nouveaux jours à vivre. Je ne fête pas Noël mais en descendant les escaliers ce matin, la gardienne d’immeuble avait installé un sapin décoré lumineux qui a interpellé l’enfant en moi. Un regain d’envie de chocolat, de famille, de couette et de visionnage de film. J’en ai souri.

Week-end électoral : le FN en tête. Surprise ? Pas vraiment. La peur et l’ignorance de ces votants. J’espère vraiment que le second tour sera plus « raisonnable ».

On est lundi. Je n’ai pas envie de m’étaler là-dessus. J’ai l’impression que les polémiques s’enchaînent. Ça ne s’arrête jamais. On est lundi. On va commencer par du soft. On aura le temps de refaire le monde et ses maux. On est lundi. Il y a du soleil par ici. Un croissant et un jus d’orange frais passent avant tout.

J’ai envie de vous faire sourire. De vous égarer. De vous transmettre un peu de légèreté. C’est une chronique avant tout. Ce n’est pas censé vous prendre la tête. Juste vous bercer. Une parenthèse dans la journée.

Vendredi, juste après avoir donné mon cours de danse, j’ai pris le métro, me suis dégotée une petite place et ouvert mon bouquin : une dame grisonnante s’est installée à mes côtés. Journal le Monde aux mains. Les énergies humaines expriment bien plus de choses que les paroles. Elle regardait mon bouquin par-dessus son journal. Par intermittence. Je le sentais. C’est comme lorsque vous écrivez un texto et qu’il y a toujours une paire d’yeux qui essaye de lire. Le truc complètement insensé. Ça ne me dérange pas plus que ça. Je me dis que ça fait partie de la curiosité humaine qu’on ne contrôle pas. Je l’ai sûrement moi-même déjà fait. Un peu comme regarder un joli derrière passer. Ces petites choses du quotidien.

Au bout de quelques stations, elle me dit : excusez-moi, quelle langue est-ce ? Je lui souris et lui réponds que c’est de l’arabe. Les yeux rieurs, entourés de cheveux sel et poivre, des rides heureuses et un visage doux qui me réplique : «  ah ben dis donc c’est très joli, je n’en avais jamais vu ». J’ai souri. De toutes mes dents. J’ai eu envie de la serrer dans mes bras d’avoir eu une remarque aussi simple, aussi humaine. Je n’arrivais plus à lire. Je gardais la tête baissée mais je n’avais qu’une envie, c’était continuer à lui parler. Elle est descendue du métro au milieu de ma réflexion. On s’est souri. L’au revoir des inconnus que j’aime tant.

J’ai refermé mon livre. Et je me suis dit que la vie était belle. Qu’ils auront beau déformer les réalités. Qu’ils auront beau dégainer leurs armes. Qu’ils auront beau travailler sur les images et les cerveaux. Qu’ils auront beau continuer à parler.

On est tous voués à mourir. Heureusement d’ailleurs.

On laissera la trace qu’on pourra. On a tous un combat. Une trajectoire. Un but. Une ambition.

La mienne de trace danse. Et tant que je suis debout, je danserai. C’est ma manière à moi. A partir de janvier, je dispense des cours de danse orientale. Et dieu ce que j’en suis heureuse. Et fière. De pouvoir distribuer à qui veut bien de ma culture. De mon énergie. De mon chez moi. De mes sonorités.

Bonne semaine à tous !

A.

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