Vendredi

Vendredi, c’est le jour où je déclare forfait, où je laisse couler, où j’aime sentir la semaine glisser à travers les heures qui passent pour laisser place à une alarme qui se désactive. Et je me suis dit qu’un peu de légèreté ne ferait pas de mal. D’autres semaines seront plus à même d’être sérieuses. J’aime penser week-end. J’aime penser petit déjeuner qui prend son temps. J’aime penser au moment où on ouvre les yeux sous sa couette sans se dire qu’il faut faire vite. C’est sûrement parce que le samedi est mon jour préféré. Le jour où je donne mes 3 cours de danse enchaînés. Et que je suis envahie de bonnes ondes.
De corps. De miroir.
De sueur. D’unité.
Mon corps est envahi par une oisiveté très créative. Quelque chose de doux. Un brin impulsif. Tout en étant apaisé. Comme une envie de faire sa valise, sans pouvoir nommer la destination, sans vraiment vouloir savoir où ça peut mener.
Ces derniers jours ont été de ceux qui passent en un clin d’œil. Avec une surenchère d’émotions assez impressionnante. Au milieu. J’absorbe. J’avale. Et je me donne rendez-vous pour digérer plus tard. Vous êtes-vous déjà donné rendez-vous avec vous-même ? Personnellement, je le fais souvent. Une parenthèse. Un souffle que je reprends. Certaines choses que je dois classer. Amortir.
Vivre. Ressentir. Macérer.
Le corps humain est un carrefour circulaire fantastique. Autant organique qu’émotionnel. Et c’est dingue à quel point les différents facteurs extérieurs peuvent nous empoigner. Nous faire sentir chacun de nos propres recoins.
Il y a eu le premier film de Kheiron (humoriste dont je raffole), « Nous trois ou rien » : un conte universel qui retrace l’histoire de ses propres parents. De belles sonorités musicales. Une belle balance au niveau du scénario qui navigue entre plaisanterie et rigueur historique iranienne.
Il y a eu les festivités de celle qui a sauté le pas : Londres, toutes les images du bonheur qui se conjuguent au présent, la première danse, les superbes rencontres, et l’alchimie. L’harmonie de l’ensemble. Une des émotions que je préfère le plus sur cette terre. Sentir qu’on est tous sur le même segment de ressenti. C’est tellement rare de nos jours. C’est comme les créneaux. Chacun place son véhicule à sa guise.
La ligne est rarement droite.
Et là elle était parfaite.
Si j’avais le temps, je vous raconterai les détails ; du taxi retourné avec nos sonorités traditionnelles aux tables nominatives qu’on a trafiqué, du beurre que j’essayais stratégiquement de rapprocher, jusqu’au président de la cheitanie que j’ai eu le plaisir de rencontrer au milieu d’une euphorie mémorable.
Mais il est 16h 42. Et j’ai un cours à donner dans une heure.

Passez un bon week-end.
A.

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