Commémoration

Il est de coutume que j’ouvre la page blanche sans aucun projet.Et que je respecte la vitesse de mes doigts, que je laisse mes idées s’exprimer, dans l’ordre, dans le désordre, et que je les relise par la suite pour les remettre en ordre. Sauf que pour le coup, et ça ne mange pas de pain, tout le monde est raccord.

Hier, c’était mon anniversaire : je me suis réveillée, les cheveux patraque, 1 chaussette sur 2 perdue dans la nuit, les yeux collants et le ventre qui gargouille. Et puis j’ai consulté le téléphone, prête à recevoir cette vague d’amour ponctuelle annuelle que j’adore. Facebook, texto, message vocal, vidéo et mail étaient en alerte, au garde à vous, prêt à être consultés. Je n’ai pas voulu lire ces attentions de suite : j’aime déguster, prendre le temps et m’imprégner de ces petits cadeaux de la vie. J’ai d’abord écouté celui de ma mère qui a le don de me tuer de rire de bon matin, répondu à quelques-uns et refermé le tout pour le savourer au soir. La journée a été ensoleillée, fraîche, parisienne et souriante.

Durant la journée, j’ai repensé à mes autres anniversaires, et surtout à ceux que je fêtais plus jeune : ceux que célébrais avec ma famille. Parents, cousins, grands-parents, oncle et tantes. C’était chaque année le même gâteau que j’adorais (croustillant au chocolat), le même rassemblement, cette même ambiance conviviale au milieu de laquelle je déambulais de joie. J’ai un vague souvenir des cadeaux mais j’ai des souvenirs précis des plaisirs gustatifs (rien d’étonnant de ma part voyez-vous). Je me revois porter ma jupe, faire mes nattes, courir d’excitation, embrasser chacun, crier à qui veut bien l’entendre que le gâteau est à moi et me perdre au milieu de ces grandes jambes dans la cuisine, impatiente de connaitre le menu. J’entends toujours ces éclats de rire, je revois ces parties de cartes, les histoires drôles d’adultes que je ne saisissais pas complètement. Et surtout, les sourires bienveillants, les yeux rieurs, malicieux, intimes.

Je ne comprenais pas pourquoi il fallait manger avant : j’avais juste hâte d’arriver à ce dessert qui représentait l’ébaudissement ultime. Et j’ai grandi. J’ai quitté le cocon familial. Ce rituel a été remplacé par les sorties entre amis, les voyages, le nocturne. Ça a été remplacé par le téléphone, l’écrit, le vocal. La distance a eu raison de mon gâteau. La distance a surtout eu raison des miens.

Le (seul) côté positif c’est qu’aujourd’hui je saute le menu. Je m’offre le dessert sans détour. Frontal.

Au final, ce ne sont que des chiffres pour moi : j’apprécie surtout la dimension d’amour autour. Rien ne change, je ne prends pas de résolutions, je ne me sens pas différente. L’anniversaire, c’est une occasion d’amour pour moi. C’est un prétexte qui utilise le temps. Se rappeler qu’on chérit. Converser. Se regarder droit dans les cœurs. Droit dans les relations. Droit dans le temps. C’est faire un clin d’œil à ceux qui sont loin, renouveler une amitié quotidienne, souligner une pensée.

Je voulais remercier chacun d’entre vous : toutes catégories confondues. De la relation professionnelle à la relation la plus intime. Merci pour vos messages. Pour ce petit moment où vous me dites (je pense à toi et je prends le temps de). Merci de m’offrir une rétrospective de chacune de ces relations. Vous ajoutez une virgule à chaque présence. A chaque apparition. Et la régularité n’est pas mon baromètre vous le savez bien.

Il y a longtemps que j’ai compris que la fréquence des rapports ne mesure en rien la qualité. J’ai l’impression d’être au milieu d’un carrefour de vie. Je vous vois tous. Je vous follow. Chacun son chemin. Je vous devine tracer votre voie. Je suis là. Et vous êtes là. Ça doit faire partie de « la vie d’adulte ». Et les anniversaires font partie des occasions de se retourner et de se sourire.

Je vous aime.

A.

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