Octobre

Ce matin je me suis réveillée en ayant envie d’écouter Ludovico Einaudi, compositeur et pianiste italien qui fait des merveilles. Qui épure votre oreille et qui a le don d’assembler les notes pour en faire une histoire. Une histoire silencieuse mais qui en dit long.

Se lever, poser les pieds par terre et se dire qu’il faut y aller. Ne pas écouter la fatigue. Ne pas penser à tout ce qu’il y a à faire. Juste avancer. Prendre sa douche. Beurrer les tartines. Enfiler le bonnet. J’adore les bonnets. J’ai plus de bonnets que de chaussures. Et sortir. Sentir la brise matinale. Ce bout d’hiver qui arrive, doucement mais surement, un peu plus tous les matins. Et les notes de piano dans mes oreilles. Qui me tirent petit à petit du sommeil. Je ne sais pas si vous connaissez la sensation d’être habillé, en train de marcher, les yeux ouverts mais l’âme endormie. Comme endolorie. Quelque chose qu’on a laissé sous la couette. Quelque chose qui ne voulait pas sortir avec nous ce matin.

Et puis il y a le métro. Le bus. Les voix. Les autres. Tous ces signaux qui nous indiquent que ça a commencé. Que ça a recommencé. Et moi au milieu. Pensant à mon lit. J’essaye toujours de maintenir cet état de mi-éveil mi-réveil au maximum. Comme un sommeil aux yeux ouverts. Une extension de bien être que j’essaye d’étirer.

Et je me réveille au moment où on me parle : où il faut enclencher la réflexion, l’action, la réaction. Ils appellent ça l’échange social. De bon matin, j’appelle ça l’effort social.

Il y a des matins où je me mettrais bien sur répondeur. Mieux, en mode automatique. J’écris ça et j’imagine une vie à la Spielberg où l’humain aurait plusieurs modes. Mode Actif. Mode veille. Mode OFF. Je crois que c’est le manteau. Les chaussettes. Les mains qui refroidissent. Le changement de saison. Le froid. J’ai toujours eu du mal avec ça. Depuis toute petite.

Et puis il y a ce moment où ça bascule : comme un orchestre où chacun retrouve son instrument. On se réveille, on s’active et c’est reparti pour une nouvelle journée. Avec ses rires, ses sourires, ses efforts et son histoire. Et c’est cette bascule qui m’a toujours impressionné. C’est cette bascule qui fait qu’on est là. Cette chose qui ne prédit pas le temps. L’après. Ce présent où on fait, vit, sent. On enregistre.

Il y a des journées plus belles que d’autres, il y en a des plus marquantes, et d’autres plus courtoises. Celles qui se glissent poliment dans votre histoire.

Je ne sais pas. Ce qui viendra après. Ce qui viendra peut-être. Ce qui viendra.

Je ne sais pas. J’attends, la tête au chaud dans mon bonnet. Parfois, je repense.

A ce qui a été, jusque-là et je me dis, quand même. Je me dis, putain.

Je me dis, ce chemin. Je me dis.

Je verrai bien. Demain.

Je crois que mon cerveau est jaloux de la relation que mon corps entretient avec mon lit.

Il chauffe dès qu’il fait froid, il rumine. Alors qu’au soleil, il se complait. Il se tait. Il absorbe de la Vitamine D.

Joyeux mois d’Octobre.

A.

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