Clic et Tic

Aujourd’hui, j’ouvre cette page blanche avec beaucoup de choses en tête.

Il y a eu la rentrée, il y a eu le changement de météo, il y a eu le sentiment de s’éloigner doucement mais sûrement de la saison estivale et de tout ce qui va avec : l’esprit léger, les lunettes, le sommeil profond, les tongs, l’absence de consultation de température et j’en passe.

Il y a eu les débats politiques de rentrée, avec ses vulgarisations et ses amalgames, la petite sœur de Siri « Viv », les élections au Maroc (oui je garde toujours un œil sur ce qui se passe chez moi), et surtout les réfugiés : cette photo qui a tellement tourné que l’espace d’un instant j’ai confondu Facebook et BFM tv. Il y a eu des articles, des indignations, des invocations à dieu (me demandez pas lequel) mais j’avoue rester perplexe devant autant d’informations : Facebook n’est personnellement pas ma source d’information. Je pars donc du principe que si je veux être informée de ce qui se passe dans ce monde, je me dois de me diriger vers des sources dont le métier est l’information, la retranscription. Il y a parfois de la prise de parti, mais ça reste à vous de creuser assez pour savoir, comprendre, raisonner les faits.

A partir de quel moment partager la photo de cet enfant, dont la situation est tragique oui, fait avancer les choses ? A partir de quel moment toi qui t’indignes, fais-tu réellement quelque chose dans le sens de cette problématique, si toutefois l’idée te vient ? Nourrir cette pitié médiatique est-il indispensable ? Au-delà du simple partage de choses aussi importantes, il serait peut être utile de partager des choses plus concrètes qu’un simple smiley triste, surtout lorsqu’il s’agit d’humanité qui se cherche. Une humanité qui confond réfugié et immigré, une humanité qui se filme applaudir de nouveaux arrivants, une humanité qui se compare, qui fait tourner la patate chaude et qui chiffre les arrivées/quotas pour mieux répandre la terreur de « l’étranger ».

J’en ai discuté avec un collègue hier qui m’a rétorqué « ce n’est pas parce que je ne peux pas agir que je ne vais pas partager la photo » : chose à laquelle je me dis tout de même, à quoi bon? Dans ce cas, publions tous les jours les morts de tous les conflits que l’on connaît de ce monde! Ah non, ils n’évoquent pas l’émotionnel de l’enfant, l’innocence, la plage, ah oui pardon..

On a même eu droit à la vidéo d’une journaliste hongroise qui filme une scène des plus criantes de détresse de l’homme, qui fait un croche-pied à un réfugié qui allait échapper à la police.

Il y a le débat, il y a l’histoire, il y a les enjeux mais de ma toute petite position politique, je pense à ce que je peux faire à mon propre niveau : non je n’ai pas ( et je n’aurai jamais) la solution, débattre indéfiniment ne m’intéresse pas, mais aider celui que je croise dormir en bas de chez moi tous les jours avec ses 2 enfants est ma petite contribution. Il n’y a pas d’héroïsme qu’on se le dise, il y a un peu de fatalité peut-être, mais il y a surtout une composition avec le réel.

Il y a quelques semaines, c’était le massacre du lion, aujourd’hui c’est l’enfant-vitrine d’un exode en masse (subi et non choisi qu’on se le dise), qu’est-ce que ce sera demain ?

Par pitié, ne tombez pas dans ce partage frénétique qui ne fait juste pas avancer les choses : à notre niveau (du moins je ne pense pas qu’une personnalité politique me lise), faisons ces petits gestes qui font la différence. Un sourire, un euro, un mcdo, des vêtements usés ou le reste d’un gâteau qui va juste finir à la poubelle.

Dans mon précédent article, je vous demandais ce que vous faisiez pour vous? rien que pour vous? Dans celui-ci, je vous demande ce que vous faites pour les autres, à titre non intéressé?

Mère Teresa ne m’a pas missionnée. Promis.

A.

Publicités