L’élan II

Bonsoir tout le monde: Pour ceux qui découvrent mon blog, je vous conseillerai tout de même de lire l’article «Elan » qui est la première partie de ce qui va suivre. A la fin de ce dernier, j’allais avoir mon bac et j’étais au carrefour des projections des uns, des autres, et surtout des miennes.

Le compromis a rapidement été trouvé : continuer mes études par correspondance et poursuivre une formation professionnelle de danse jazz. J’ai atterri au milieu de tout ce que j’imaginais (sans les bogosses de « un dos tres ») : mon quotidien a rapidement trouvé son rythme. Mes 3 cours de danse quotidiens et mes cartons remplis des manuels de correspondance à étudier.. Les choses se sont enchainées, les années sont passées, le corps en a pris plein la tête, les pieds, les jambes et le dos.

Il y a eu Nice, il y a eu Paris, il y a eu New York, il y a eu un renouveau à chaque cours, une découverte, un déclic, une sensation différente, une approche, une recherche et toujours le plaisir d’explorer : le but ici n’est pas de retracer le parcours en détail, je ne suis pas là pour faire de l’étalage de vie mais pour partager avec vous quelque chose qui encore aujourd’hui, fait que je me sens VI-VAN-TE !

A chaque fois que je prends ou que je donne cours, il y a ce lien, cette sensation indestructible, ce dialogue avec le corps qui fait que je retrouve mon axe instantanément : prendre cours c’est chercher la sensation, apprendre, courir après, échouer, se motiver et repartir à nouveau. Et c’est ce qui est BON, c’est le fait qu’il y a et qu’il y aura toujours à creuser : rien n’est figé, tout se transforme, et le corps est une machine merveilleuse. Donner cours c’est insuffler, proposer, donner une direction et essayer de guider l’autre vers ces sensations propres à chacun. Il n y’ a pas un chemin, il n’y a pas de guide, pas de recette, il y a une seule chose : le travail.

Et pour la danse, il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, de s’abîmer, de se regarder droit dans le corps : je continue à prendre des claques, à sortir de mes zones acquises, à prendre des cours où je suis clairement à la ramasse. Non, ce n’est pas la réussite d’un examen qui garantit l’excellence, mais bien la continuité du lien avec son corps, son niveau et ses défis.

Alors oui, j’ai eu de la chance au niveau parental, j’ai pu inscrire ce fameux BAC+5 au bout du trajet tout en gardant la danse sur un pied majoritaire, mais j’ai surtout maintenu le lien avec mes objectifs, qui je suis, qui je veux être, sans oublier les tenants et les aboutissants.

Essayer, avoir du mal, s’arrêter, se reprendre, se regarder, et recommencer: il y a aussi l’autre visage de ce rapport au corps. Il y’a les blessures de fatigue, il y a le développement de votre énergie comme un nez qui s’affine aux odeurs et qui reconnaît tout de suite ce qui est bon de ce qui n’est pas. Lorsque vous entretenez une liaison avec votre corps, c’est comme une amitié: elle peut vous être douce, reposante et digne comme essoufflante, insolite et énigmatique.

Vous vous sentez beaucoup plus vite, vous vous dressez et vous vous écoutez: vous êtes constamment en recherche d’équilibre entre le cerveau et le corps, afin d’assurer la correspondance. Vous assimilez beaucoup plus vite, comprenez les chemins et trouvez tout de suite la direction à prendre.

Aujourd’hui je regarde derrière moi ( dixit la nana de 25ans, mais laissez-moi j’aime ce début de phrase) et je suis simplement heureuse, voire fière : heureuse de donner cours, de pouvoir créer un lien entre le physique et l’âme, de pouvoir prendre cours, approfondir ma propre connexion et me dire que demain ne ressemblera jamais à hier. Machine corporelle oblige. Je n’aurai jamais assez de mots pour décrire tout ce que m’ont apporté les interactions humaines que j’ai et que je continue à avoir tout au long de ce parcours atypique.

Double vie (parce que oui j’ai une vie de bureau mais celle-là est digne d’une autre série) comme l’appellent mes parents.

On me dit que j’ai de la chance, je me dis que c’est eux ma chance. Ils ont su me laisser être tout simplement, ils m’ont laissé danser. Ils n’ont pas fait marche arrière, ils n’ont pas mélangé, ils n’ont pas essayé de calquer un modèle de société via une progéniture: ils m’ont juste laissé faire mes choix en me donnant leur avis à chaque fois. Ils ont eu l’intelligence d’être qui ils sont tout en concevant qui j’essayais d’être. A mes phases de fille têtue, j’ai eu la chance d’entendre « tu as besoin de le faire, de te tromper et de comprendre, alors fais-le vu que de toutes les manières, tu fais ce que tu veux ». Mes parents, je leur dois tout, parce que sans eux, je n’aurai jamais pu arriver là où je suis arrivée aujourd’hui. Je pourrai écrire sans fin sur tout ce qu’ils m’ont transmis, mais surtout tout ce qu’ils m’ont appris avec leurs silences justes.

Et vous, qu’est ce qui vous fait sentir vivant ? Qu’est ce qui vous remue le creux des tripes ? Qu’est ce que vous faites pour VOUS ? Juste pour vous faire du bien ?

C’est un corps à corps, un corps accord que vous devez absolument établir si ce n’est pas le cas.

Si vous hésitez à vous répondre, c’est qu’il est grand temps d’avoir une discussion avec votre corps.

Et pis racontez moi ça sur lesmotsquidansent1@gmail.com!!

A.

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